Vestiges du passé

Le jardin aux importantes dépendances (écuries et logements domestiques) parfois transformées offre deux curiosités, vestiges du passé de notre ville. Ainsi, au fond du parc à droite, un bénitier encastré dans un mur en brique dont il ne semble avoir aucun rapport, paraît opportun dans cet endroit. Ce n’est qu’en découvrant une partie très ancienne du fond de la propriété, que l’on tend à se rappeler que nous sommes sur le territoire de l’ancienne paroisse Saint Jean dont l’église fût détruite durant la révolution.

Jouxtant pour partie ce mur, l’actuel jardin d’une très vieille maison (se trouvant rue Sainte Anne) a due être construite à l’époque de Catherine de Clèves face à l’ancien Hôpital Sainte Anne crée en 1664 par Mademoiselle de Montpensier et dont un souterrain relie la très vieille maison à l’Hospice (actuel Centre des Impôts… !).
Dans cette rue, les maisons sur la droite (2 et 4 rue Sainte Anne) ont selon toute vraisemblance abrité les soeurs de la Charité qui s’occupaient de l’Hospice.

Des travaux entrepris il y a quelques années sur cette vieille maison ont permis la découverte au dessus d’une fenêtre côté jardin d’une abréviation latine :

JESUS HOMINUM SALVATOR (Jésus Sauveur des Hommes) MAR (Marie) – C-C (Initiales de Catherine de Clèves) 1626.
Ceci rappelant la 14 janvier 1626, date de la création par l’Archevêché de Rouen d’une réforme importante des moines et religieuses de ce diocèce, certainement commémoré par cette phrase retrouvée dans d’autres édifices religieux notamment à Melleville (environ 6km de EU).

 

Confirmant par la même occasion l’ancienneté de la construction, la plaque montre aussi que l’occupation par les religieuses datant de Catherine de Clèves, reste donc antérieure à l’époque de Mademoiselle de Montpensier.
L’importance de la présence des religieuses explique l’intérêt du mur tout aussi ancien jouxtant la propriété Bignon et du bénitier dans le parc (probablement récupéré après la destruction de l’église Saint Jean).